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    La marine marchande des FNFL

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    La marine marchande des FNFL

    Message  Earendil le Lun 27 Juil - 14:51

    La Marine Marchande des F.N.F.L.
    La naissance de la marine marchande des F.N.F.L.
    Auteur : Yannis Kadari
    Les Forces Navales Françaises Libres (F.N.F.L.) sont nées au mois de juillet 1940 par l'ordre n°1 du Vice-Amiral Muselier.
    La France battue par le 3ème Reich, l'Italie en guerre, l'Angleterre restait seule à lutter contre l'axe. La situation de la France était particulièrement complexe pour les marins de la marine marchande française. D'un côté, Vichy collaborant avec l'occupant et appelant les marins à une obéissance sans faille. De l'autre, un général inconnu, exilé à Londres, dépourvu de légitimité politique, mais qui appelait les Français à le rejoindre par tous les moyens pour poursuivre la lutte aux côtés des anglais. Une poignée d'hommes, choisirent de hisser le pavillon tricolore à Croix de Lorraine à leur bord et de s'engager dans la "bataille des convois". Ils créèrent ainsi la marine marchande FNFL, officiellement constituée le 12 août 1940. Voici l'histoire de ces hommes et de leurs navires :
    En juin 1940, Londres commence à appliquer des mesures coercitives à l'encontre des navires marchands français relâchant dans les ports britanniques. La chute inévitable de la France, la débâcle et l'imminence de l'entrée en guerre des italiens, amènent l'Angleterre à retenir les bâtiments français en transit vers la France ou l'Afrique du Nord. Il n'est pas question pour Winston Churchill que ces navires n'arrivent à destination pour livrer leurs marchandises. Celles-ci auraient en effet, toutes les chances de tomber entre les mains de l'ennemi. Le canal de Suez est bouclé et contrairement au droit maritime, les navires battant pavillon tricolore sont frappés d'angarie. Des équipages anglais montent à bord et occupent les points clefs des navires (machines, timonerie, etc.). Les consuls de France se plaignent, mais sans aucun succès.
    Le 01 juillet 1940, on dénombre plus de 135 navires de la flotte de commerce française, dans les ports de Grande-Bretagne. L'ensemble de ces navires, tous peints en gris, représente environ 400.000 tonneaux. Ils appartiennent à diverses compagnies françaises, dont la C.G.T, les Chargeurs Réunis, Delmas, les Messageries Maritimes ou encore Dreyfus. A leur bord on distingue, un état-major dont le capitaine, la maistrance, les hommes de pont et ceux des machines. Ils sont métropolitains, bretons, normands, provençaux, basques, corses, alsaciens ou marins venus de l'Empire (Afrique, Madagascar, Tonkin...). L'état de guerre exige aussi la présence de canonniers de l'Armement Militaire des Bâtiments de Surface (A.M.B.S.), seule défense contre les éventuels raiders ennemis. Dans 23 ports d'Angleterre, d'Irlande du Nord ou d'Ecosse, les marins sont consignés à bord, les officiers désarmés, les navires immobilisés et surveillés par les unités de la Royal Navy. La situation est explosive, les marins ne comprennent pas, pourquoi l'allié anglais les retient ainsi ?
    En fait, dès le lendemain du discours du Maréchal Pétain (17 juin 1940), l'Amirauté Britannique ordonne à ses navires de transmettre aux bâtiments français croisés en mer, l'ordre de "Should Proceed" et de rallier le port britannique le plus proche. Le 20 juin 1940 cet ordre est modifié en "Strongly advised not to proceed", ce qui signifie en clair, que les anglais déconseillent plus que fortement aux français de rejoindre les ports occupés par les allemands. Londres est engagé dans une course de vitesse; les Britanniques cherchent à empêcher les Allemands de mettre la main sur des navires de commerce français.
    Trois jours plus tard, les Britanniques décrètent l'embargo sur la France et interdisent aux navires marchands français d'appareiller. Les choses s'accélèrent, les dés sont jetés. La mainmise de l'Amirauté britannique sur les navires français est totale. Les équipages sont débarqués, avec plus ou moins d'égard. Les hommes sont rassemblés à Londres, au "Crystal Palace" et à "l'Olympia". Le choix proposé est simple : rentrer en France ou bien alors s'engager dans la Royal Navy ou la flotte marchande anglaise. Des équipages entiers se portent volontaires pour se mettre au service des alliés, tandis que d'autres préfèrent rentrer en France. Qu'en est-il pour les navires ?
    Les bâtiments sont eux purement et simplement saisis avec leurs cargaisons. Piraterie ? Non ! Londres vient d'affirmer officiellement, que la France n'est plus un pays libre et ne lui reconnaît donc plus son indépendance politique. Le gouvernement de sa majesté annonce le blocus des côtes françaises et des colonies de l'Empire. Le Ministry of War Transport (M.W.T.) , signifie aux armateurs français que leurs navires seront dorénavant, réarmés et loués "coque nue" par la Grande-Bretagne. Les comptes seront faits à la fin de la guerre... Les bâtiments de la Royal Navy ont désormais pour devoir d'arraisonner et de capturer les navires marchands et les paquebots français.
    A Vichy, la situation pose un problème crucial ! Comment maintenir la cohésion de la France et de son empire, sans pouvoir assurer de liaisons maritimes régulières ? Certes le IIIe Reich autorise le trafic des navires marchands français, mais à la condition sine qua non que la France ne lui délivre un pourcentage (jusqu'à 25%) des marchandises transportées... Pendant ce temps, les navires anglais multiplient les prises au cours de leurs croisières. Les "râteaux" de la Royal Navy permettent de faire encore croître le tonnage capturé. Ces captures sont d'ailleurs involontairement facilitées par les membres allemands de la commission d'armistice qui précisent dans une note datée du 5 septembre 1940 et adressée à Vichy, que les navires français ne doivent en aucun cas, naviguer en convois, mais au contraire faire route isolement. Ils seront des proies faciles pour la Royal Navy.
    De Gaulle non seulement approuve les opérations navales anglaises, mais multiplie surtout les efforts pour que les unités saisies soient réarmées le plus souvent possible par les marins de la France Libre. Il a la bénédiction et le soutien de l'Amirauté britannique et de Churchill. De ce point de vue, le recrutement des volontaires s'avère assez difficile surtout lors des premiers temps. Les Consuls de Vichy incitent les équipages à rentrer en France pour reprendre du service. Le manque de tact manifesté par les Anglais lors de certains arraisonnements en mer ne facilite pas non plus les choses. Les affaires de Dakar et de Mers el Kebir, plongent encore un peu plus les marins dans l'expectative. Dans les ports neutres, où des navires français font relâche, de véritables batailles juridiques s'engagent entre les consuls de Vichy qui réclament des autorités locales la saisie des bâtiments au nom de la France et du droit maritime et les représentants de De Gaulle. Ailleurs et dès 1940 se sont les free frenchs qui font des coups et s'emparent de navires comme le cargo italien "Capo Olmo" interné à Gibraltar.
    La marine marchande des F.N.F.L. est en train de voir le jour. Elle est sous le commandement du Vice-Amiral Muselier qui avait quitté Marseille, via Gibraltar pour rejoindre la France Libre à Londres. Muselier nomme Monsieur Malglaive au poste de responsable de la marchande des F.N.F.L. sous l'égide du tout puissant M.W.T. Malglaive, installé dans l'immeuble de Berkleyst, s'attache à convaincre un maximum de marins pour qu'ils rejoignent les F.N.F.L. Il fait aussi remettre en état de naviguer certains navires peu ou pas entretenus depuis leur capture et organise l'incorporation des nouveaux venus, pécheurs de retour d'Islande ou bretons traversant la Manche de nuit. Des centaines de ces hommes périront en mer à bord de petites embarcations lors de la traversée du Channel ou seront arrêtés par les vedettes rapides allemandes basées dans les ports français.
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    Re: La marine marchande des FNFL

    Message  Earendil le Lun 27 Juil - 14:52

    A la fin de l'été 40, Londres contrôle environ 500.000 tonneaux de navires français. La Svastika, flotte sur 245.000 tonneaux de navires capturés ou arraisonnés par la Kriegsmarine. Vichy conserve encore, mais pour peu de temps, le gros de la marchande avec 1.500.000 tonneaux. En janvier 1943, Hitler exigera la remise en totalité de cette flotte. Ces navires seront alors sous l'autorité de la "Kriegsmarinedienstellen" (KMD), organisme responsable de la coordination des transports entre la Kriegsmarine et la marine marchande allemande ("Handelsmarine").
    De 1940 à 1945, 4.000 officiers et marins français, tous volontaires rejoindront la marine marchande des F.N.F.L à bord de 163 navires de tous types et de toutes tailles. Ces navires, chargés de centaines de milliers de tonnes de matériels et de troupes parcouront toutes les mers du globe, en convois ou bien seuls pour les plus rapides d'entre eux. Ils participeront d'une manière non négligeable à l'effort de guerre allié. 1.250 hommes périront en mer et 57 navires seront coulés, sous les coups des U-boote de Karl Donitz, par des mines, des avions torpilleurs ou des attaques de Stukas.
    Les Forces Navales Françaises Libres (FNFL)
    Ce ne sont qu’une poignée de marins, avec à leur tête l’amiral Muselier, qui ont répondu à l’appel du général de Gaulle. Sept mille d’entre eux armeront une dizaine d’unités de combat et deux mille autres une soixantaine de bateaux marchands. La marine de la France Libre, bien que de taille modeste, s’est immédiatement révélée d’une grande efficacité. Les FNFL sont aux côtés de la Royal Navy dans les années difficiles 1941-1942, quand l’issue est incertaine, quand l’ennemi remporte des succès sur tous les fronts, que ce soit dans l’Atlantique, la Manche ou la Méditerranée. Après l’entrée en lice de l’URSS, du Japon et des Etats-Unis, les marins de la France libre sont présents sur tous les océans, sur tous les théâtres d’opérations.
    Le palmarès des FNFL est remarquable :
    La place d’honneur revient aux navires marchands qui ont apporté une très importante contribution à la victoire, pour ne citer que le Fort Binger qui repousse au canon un sous-marin ennemi, la Franche Comté, infatigable ravitailleur à la mer des escortes de convois, l’Indochinois, surnommé le " tramway de l’Atlantique " pour la régularité de ses traversées en solitaire et qui apporte sous les bombardements incessants un millier de tonnes de viande aux habitants de l’île de Malte qui en sont privés depuis dix mois, le Félix Roussel qui sous le feu des Japonais à Singapour réussit à sauver un millier de femmes et d’enfants.
    Les contre-torpilleurs, torpilleurs, avisos, frégates, corvettes, patrouilleurs ont joué un rôle important dans la bataille de l’Atlantique dont Churchill a dit : " C’est la bataille qu’il fallait à tout prix gagner, car sans cette victoire, il n’y aurait pas eu d’autres batailles ni d’autres victoires ". Quatre U-Boote seront officiellement coulés, l’U 136 par le Léopard, les U 432 et 444 par l’Aconit, l’U 609 par la Lobélia. Nos bâtiments de surface ont effectué tout au long de la guerre plus d’une cinquantaine de grenadages contre des U-Boote ; ils leur ont infligé des dommages non négligeables et ils ont une part certaine dans des destructions qui ne leur sont pas officiellement attribuées.
    Les sous-marins ont été particulièrement actifs :
    • le Rubis effectue 28 missions de guerre, mouille 683 mines auxquelles on attribue la perte de 16 unités ennemies
    • la Minerve et la Junon effectuent de très nombreuses patrouilles sur les côtes de Norvège à la recherche des cuirassés Bismarck et Tirpitz ou en missions spéciales et périlleuses de débarquement d’agents secrets
    • le Curie s’illustre en Méditerranée où il réussit au cours de sa 13e patrouille la destruction en quelques heures de trois cargos
    Les Chasseurs opèrent en première ligne en Manche et dans l’estuaire de la Tamise : ils seront engagés dans les opérations de Bruneval et de Dieppe.
    A partir de mars 1943, la 23e flottille de MTB (vedettes lance-torpilles) entre en action dans la Manche. Les vedettes ont pour mission d’intercepter et détruire sur les côtes de France convois et patrouilles ennemis. Elles s’en acquittent brillamment coulant ou endommageant plus d’une vingtaine de navires ennemis.
    Les Fusiliers-marins comptent parmi les plus glorieuses unités des FNFL. Le 1er BFM devenu plus tard le 1er RFM sera engagé aux côtés de la 1ère DFL et partagera ses succès à Bir Hakeim, en Afrique, en Syrie, en Italie et en France. Le 1er BFM commandos sera d’un grand nombre de raids discrets mais périlleux dans les îles anglo-normandes, sur les côtes de France, en Belgique et en Hollande et bien sûr, le 6 juin 1944, il s’illustrera à Ouistreham.
    L’aéronavale avec la 6e FE (6e flottille d’exploration) entrera en opérations fin 1943. Elle compte dans ses rangs beaucoup de ceux qui se sont couverts de gloire avec le groupe air-marine, le fameux squadron 340, dans les combats aériens au-dessus de la Manche pendant la bataille d’Angleterre et à Dieppe.
    Lors du débarquement de Normandie, sont présents : le 1er BFM commandos, le Courbet, La Combattante, quatre frégates, quatre corvettes, six Chasseurs et 8 MTB. La plupart seront ensuite engagés dans la réduction des poches de l’Atlantique.
    Outre les sous-marins et bâtiments de surface coulés précédemment cités, les FNFL ont détruit 16 avions ennemis dont 6 par le Courbet et 8 par les Chasseurs.
    Nos unités ont souvent prêté secours à des navires en détresse. Ce sont au total plus de mille trois cent rescapés qui sont à porter au bilan de la France Libre, le record appartenant au Commandant Détroyat avec 322 en une seule fois.
    L’activité des FNFL s’est malheureusement traduite par de douloureuses pertes. La marine marchande a payé le plus lourd tribut (25 % des effectifs). Mais la marine de guerre n’est pas en reste avec les disparitions des Léopard, Surcouf, Ch 5 par fortune de mer, celles des Narval, Mimosa, Alysse, Vikings, Poulmic, Ch 8, La Combattante par action de l’ennemi. Ce qu’une poignée d’hommes a fait reste impressionnant. Ils ont détruit ou endommagé à eux seuls plus de sous-marins, de bâtiments de surface et d’avions ennemis que le reste de la marine française.
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    Re: La marine marchande des FNFL

    Message  Earendil le Lun 27 Juil - 14:55

    Liste des bâtiments de la marine marchande F.N.F.L.
    (Les noms des navires coulés apparaissent en italique)
    Auteur : Yannis Kadari

    Cargos :
    • Anadyr
    • Cap Cantin
    • Cap El Hank
    • Capitaine Illiaquer
    • Capo Olmo
    • Cap Tarifa
    • Casamance
    • Celte
    • Charles LD
    • Châteauroux
    • Daphné
    • Djurjura
    • Dorine
    • Egée
    • Elvy
    • EMR
    • Forbin
    • Formigny
    • Fort Binger
    • Fort Médine
    • Fort de Troyon
    • Gravelines
    • Ile de Batz
    • Ile de Bourbon
    • Indochinois
    • Jean LD
    • Joseph Duhamel
    • Lisieux
    • Loyauté
    • Maurienne
    • Morlaix
    • Myson
    • Nevada
    • Néo-Hébridais
    • Orne
    • Ostrevent
    • Padonco
    • PLM 17
    • PLM 22
    • PLM 27
    • Polynésien
    • Saint Bertrand
    • SNA 8
    • SNA 10
    • Vaite
    Cargos mixtes :
    • Commissaire Ramel
    • Espérance
    • Maréchal Gallieni
    • Ville d'Amiens
    • Ville de Strasbourg
    • Ville de Majunga
    Paquebots :
    • Cap Saint Jacques
    • Cuba
    • Désirade
    • Félix Roussel
    • Ile de France
    • Pasteur
    • Président Doumer
    • Tombouctou
    • Touareg
    Pétroliers :
    • Franche Comté
    • Melpomène
    • Octane
    • Petrophalt
    • Roxane
    • Saintonge
    • Plus une flotte de chalutiers armés (dont le Vikings), caboteurs (dont la Fleur d'océan), voiliers, clippers, remorqueurs et autres petites unités.

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